Les arrêts maladie c’est pour les malades.

Jusque là rien d’anormal. Sauf que définir en des termes précis la juste cause qui justifie celle de se faire arrêter l’est un peu moins.

Depuis son invention c’est la chasse aux abus. Mais soyons honnête, la Sécu est juste mandatée par les entreprises pour vérifier si l’argent qu’elle dépense n’est pas trop utilisé. Les symptômes ne sont pas importants au bout d’un trop grand nombre. Après tout, on en est bien à supprimer certaines causes jusque là remboursées pour faire des économies, rendre payant des médicaments qui ne l’étaient pas avant, tout le monde comprendra donc que la mission principale n’est pas d’aider, de guérir ou de secourir, surtout si cela coûte cher.

Personnellement, je me rappelle très bien de cette époque perfide où j’avais des collègues régulièrement absents et/ou en arrêt maladie. Certains pour d’évidentes mauvaises raisons, et d’autres sûrement pour de bonnes. Mais quand on doit sans cesse supporter l’obligation d’assurer le relais, de les remplacer sur le champ, de ne jamais savoir quand cela arrivera, ne rien pouvoir prévoir et de craindre constamment que cela arrive… il est évident que savoir pourquoi ils sont absents, au bout du compte, on n’en a plus rien à foutre.

On finit avec le temps par, enrager, les maudire, les vomir, vouloir les gifler, ils nous insupportent, nous gonflent, on en viendrait presque à de la haine, du dégoût, les transpercer avec un pieux rouillé, les dépecer à la pince à épiler, les congeler et les sortir pour les broyer au sol, les dénoncer par pur plaisir, par vengeance, et prier très fort pour qu’ils crèvent et avoir un remplaçant.

 

En 23 années d’activités, je viens de battre mon record de cumul d’arrêts maladie… en seulement 4 mois.

Me voilà comme un con dans la situation de ceux que j’exécrais auparavant par leurs absences répétées. Outre le fait que mes raisons soient les bonnes pour me faire arrêter, que pensent ceux qui doivent à leur tour assurer mon absence ? Qu’elles sont si bonnes que ça ?

On peut s’en plaindre au système de l’entreprise qui elle aussi fait des économies, notamment pour payer des remplaçants. Mais cela n’apporte rien à mon questionnement de base : jusqu’où les gens sont-ils capables d’encaisser vos problèmes qui retentissent sur leur emploi du temps ?

Vous me direz, c’est assez simple, cela dépend du niveau de relation, de cohésion et d’interactions sincères avec eux. Y’a des cons même dans les gens sincères, on peut être sincèrement dépourvu de qualité relationnelle fiable, tout en faisant croire le contraire. On peut être volontaire dans la cohésion et le respect de l’autre tout en agaçant les gens. Rien n’est aussi simple que ce que l’on voit, ressent et analyse, si, au final, notre mal vécu ne nous aide pas à faire la part des choses.

Et on finit bêtement par se faire avoir, pour les bonnes ou les mauvaises raisons. Parce que nos limites personnelles de frustration, d’anticipation, d’empathie et de compréhension sont atteintes. Quand on en a plein le cul, souvent, c’est pour de vrai. Et même pour de faux, de toute façon, c’est pour de vrai.

Comme dit le proverbe « il nous reste les yeux pour pleurer », j’ajouterais : et ma main dans ta gueule pour me soulager.

 

Qu’ils soient cons ou pas, qu’ils abusent du système ou pas, qu’ils se foutent de vous ou pas, qu’ils soient seuls dans leur tête ou pas, la plupart du temps, les personnes qui font une pause imprévue c’est qu’ils en ont besoin. Les limites de chacun ne trouvent pas toujours de réponses en fonction du système établi pour en définir les règles. Car généralement la limite des autres s’arrête là où celle de la boite commence. Et je vous décris juste mon sentiment dans le milieu du médico-social, je n’ose même pas imaginer ailleurs.

Si on n’apprécie guère ses collègues et qu’on ne leur parle pas plus que ça, on ignore ce qu’ils endurent, ce qui pèse sur eux, et qui pourrait bien impacter votre propre quotidien par leur absence physique. Si on les apprécie et qu’on échange sur sa vie personnel on a plus de clefs en main pour comprendre les possibles tenants et aboutissants. Mais dans l’ensemble et au bout du compte, le résultat est finalement identique quand vous palliez à leur absence, c’est votre propre vie qui s’en ressent alourdie.

Le boulot ça n’est pas le plus important dans la vie, exactement le contraire de ce que tente le système de vous faire croire. Mais à moins de devenir millionnaire ou rentier, ça reste le moyen le plus usité pour survivre. Bosser 40, 42, 43, 45 ans où plus n’est une norme que pour ceux qui vivent de votre survivance. Nombreux sont ceux qui bossent pour bouffer et qui n’en ont rien à foutre des chemises et des costards. Et peu importe la pénibilité inscrite dans votre activité ou pas, elle ne prend jamais en compte la souffrance psychologique du vécu, celle qui en substance détermine vos facultés à la mener à bout.

 

Les arrêts maladie, c’est pour les malades, de la vie, des autres, du turbin, de l’envie, des vautres et du larcin.

Faites comme vous pouvez, ce sera déjà mieux que sans lendemain…

 

Amen, Touti Quanti et Tralala…

 

©Le Docteur s’accroche à des mystères qui pendent vers l’abîme…

18557166_10211662304940680_4564358106124290314_n

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s