On en a tous déjà reçu des appels qui font chier. Les impôts, des assurances, des connards qui se trompent, des opérateurs qui se pensent « tout droit réservé »… mais le pire c’est les salopards qui vous annonce un décès.

Au départ c’est quelqu’un qu’on connaît, voir qu’on aime bien. Et puis finalement ça ne change pas vraiment, mais on lui en veut de nous faire capoter la journée avec une nouvelle de merde. Il en est le détenteur, le responsable, l’organisateur. Pour un peu, on n’aimerait presque plus notre journée juste à cause de lui, et de la nouvelle.

Elle est chiante la mort, à nous donner comme ça sans préparation des évidences classiques qui finiront par arriver quand même ! Cette salope qui fait de nos amis des ennemis d’une minute. Quand on aime le changement c’est pas grave, mais sinon c’est légèrement lourd comme impression. En plus, niveau positivisme c’est très moyen d’informer les gens d’un décès, c’est comme l’écologie, ça existe jusqu’au jour où on comprends que c’était pour motiver l’argent.

Et puis ça nous rappelle à nous-même. Est-on sûr de savoir qui pourra faire chier vos amis quand vous serez mort, pour pourrir tous les téléphones de ceux qui vous connaissent ? Avez-vous assez de contacts pour vous certifier que votre dernière heure sera une information évidente pour eux ? Sera-t-elle relayée ?

Putain mais merde, vous faites chier les vendeurs de morts malgré vous ! Regroupez-vous ! Faites un parti ! Unissez-vous ! Montez une boite : les annonceurs d’amis morts pour tout le monde !

 

La mort est une activité d’utilité publique avérée quand c’est pour diminuer le nombre de consommateurs sur terre. Mais sinon elle déçoit la plupart du temps, comme la vie. Pourtant y’a un côté chouette, voir excitant, d’imaginer une seconde que le monde pourrait s’amoindrir de vivants. Moins de gens, moins de pollution, moins de problèmes. Mais c’est très mal foutu tout ça, dans le tas y’a des personnes qu’on affectionne. A croire que la mort elle veut nous en foutre plein la vue pour nous dire « t’as vu ? C’est simple la vie, il suffit de mourir ! ».

Alors qu’en fait, elle est de mèche avec la vie, a négocié de quoi faire naître assez pour faire mourir à sa guise. C’est une chienne de salope de traître la mort, un incident prévu dont elle seule connaît le délai. Je n’aimerais pas avoir à ne pas avoir à faire à elle, pour ne pas me retrouver dans la délicate situation de prier pour rien par simple salut, sans y croire.

Mais qu’on y croit ou pas, qu’on prie ou non, qu’on se cache ou qu’on se pavane, rien ne lui fait peur, elle est ce que nous ne voudrons jamais être. Cette peur inerte qui vilipende nos actes manqués, cette perte de temps qui nous fait endurer celui dont on dispose… mais qui ne sait pas le nombre de doigts qui saignent en attendant son verdict.

La politesse elle s’en fout comme de son premier décès. Cela fait bien longtemps qu’elle a cependant évolué, désormais elle ne frappe plus à la porte, elle fait vibrer les réseaux en faisant résonner des airs que chacun aura choisis. Le téléphone a ça qui fait de nous des vivants à moitié morts, il permet d’attribuer à chaque contact la musique de sa fatalité.

Moi, pour tromper la surprise, je n’ai mis qu’un seul morceau en appel. Un truc pimpant, vif, triomphal, qui laisse tout envisager. Alors évidemment, entre le démarchage d’une boite et les mauvaises nouvelles, on préférerait que la mort frappe encore aux bonnes portes sans musique. Mais on peut user de tous les stratagèmes possibles, prévoir éventuellement pour qui ça arrivera à peu près quand, mais la mort c’est comme l’humour, ça ne prévient pas. Comme dirait Oncle Ben’s, à la fin « c’est toujours un succès ! », il en riz d’ailleurs lui-même.

 

Mon quotidien vient d’emplafonner ma semaine de deux numéros tirés au hasard dans mes connaissances/amis. Ça devait être la semaine du 1 acheté/1 offert. On ne choisit pas les semaines de soldes avec la mort, et en plus on est prévenu au dernier moment, pile poil quand on a pas le temps d’être préparé.

La dernière fois que j’ai été surpris à ce point sans m’y attendre, c’est quand j’ai gagné un bon d’achat de 5€ à Jardiland, et j’avais déjà fait mes courses.

Il faut se rendre à l’évidence, on maîtrise la pollution en tout genre, les cracks boursiers, le trou de l’ozone, le dérèglement climatique, la pauvreté, le chômage, l’esclavage moderne, les guerres, les dictateurs, tout ça est beaucoup plus pratique pour donner un coup de pouce à la mort. Alors finalement, quand on y réfléchit, c’est le monde que l’on a fabriqué et dans lequel on vit qui augmente et diversifie les méthodes d’extermination légales. En toute logique, la population augmentant considérablement, il est rassurant de voir que nous nous efforçons de liquider à tout va. Filer un coup de pelle à la mort, on est de plus en plus fort pour ça. S’il y a bien un domaine dans lequel il n’y aucune possibilité de chômage c’est bien sur le marché de la terre dans les poches.

Si vous avez prévu de le faire, mourez pauvre, l’argent doit arrêter de circuler. C’est la seule façon de redonner de l’espoir, de l’égalité, de l’équité et du bon sens dans le monde.

 

Néanmoins, mourez loin de moi pour l’instant, j’ai eu ma dose de fatalité.

Pas Amen, Pas Touti Quanti et Pas Tralala…

 

©Le Docteur tambouille la mort après la vie…

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