Ce matin, à l’orée de la guerre, j’ai été bosser.

Bon alors évidemment, j’en conviendrais, c’était moins mainstream qu’en 14-18. J’avais pas moult tranchées à ramper dans la merde et la boue, aucun obus qui viennent exploser le paysage des planches anti-décomposition qui dégoulinent, mais je dois quand même l’avouer… j’ai pas eu le temps d’aller vider la mienne, de merde. Le temps que j’ai mis à me demander si j’étais assez vivant pour partir au taf m’a pris celui qui aurait pu m’ôter du poids de la vie d’hier…

C’est vrai, j’ai pas bataillé sur la route pour arriver à 7h vu que je crèche à 3 minutes de mon lieu de résidence d’emploi. J’ai pensé à personne en particulier vu que mon cerveau, à cette heure, règle l’empathie sur un mode d’attente divinatoire. Et pourtant, mon boulot, c’est le niveau requis pour faire des réquisitions d’anticipations comportementalistes… je suis dans le social.

Le social. Vous savez? Ce truc qui à été qui croit qu’il est encore mais qu’il n’est plus depuis longtemps… bref, vous voyez. L’empathie à la base, c’est même plus un métier, c’est une vocation, du bénévolat, un sacerdoce, une condition misérable mal payée. Evidemment, si j’avais fait ce boulot pour l’argent on aurait pu se moquer de moi, car faut vraiment être con pour penser gagner sa vie en aidant celle des autres…

C’est pas humain l’empathie, non, c’est un truc qui vous déroute de l’essentiel car il vient de trop loin pour pouvoir vous appartenir complètement. C’est une forme de relégation de sa propre existence pour construire celle des autres. Un pont entre le nécessaire et l’indispensable. Une conduite d’eau qui pète qu’il faut colmater. Une charge qu’on se donne pour porter des trucs collectifs, mais en période de disette, c’est comme qui dirait un électorat à portée de main…

Moi je m’en fout de cette condition, j’ai toujours été un abrutis amoureux des problèmes humains… la misère sociale et psychologique ça me fascine. J’en viens, je connait rien d’autre aussi bien. Alors les salutations du 11 Novembre, les souvenirs de guerre, les commémorations des attentats du monde, je connais peu mais ça me conviens… je suis en guerre depuis toujours, et le repos n’est pas éternel.

En revanche, dans la fourchette qui m’est impartie pour me réduire à l’état de travailleur social, sur ce même moment où je dois me débarrasser de mes ablutions psychosomatiques rédhibitoires, pour commencer à sauter dans mon pantalon de la journée, et m’élancer au vague à l’âme pour les autres… là… sur l’instant… quand j’ai pas le temps de faire mes besoins pour m’y mettre… une seule phrase me vient: « Aux chiottes l’empathie, le balai brosse de la merde des autres! »

Amen, touti quanti et tralala…

©Le Docteur sent comme un affrontement des tendances dans son fort intérieur…

CTOTEnKWsAAPJep

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